Professionnaliser la prévention tout en cultivant l’humain au cœur du dialogue social
L’automne pointe le bout de son nez et avec lui, le mois d’octobre, devenu au fil des années un rendez-vous incontournable : celui de la sensibilisation à la santé mentale.
Pour les élus du CSE, c’est une période charnière. Octobre est le moment idéal pour poser des actions concrètes, affirmer votre rôle de vigilance, et renforcer la culture du bien-être au travail. Mais entre les obligations légales, les attentes des salariés, les enjeux de performance de l’entreprise et les réalités du terrain, comment s’y prendre ? Cet article vous propose un tour d’horizon complet pour anticiper octobre et faire de la santé mentale une priorité, humaine et stratégique.
Pourquoi octobre est un moment clé pour la santé mentale
Chaque année, la Journée mondiale de la santé mentale (le 10 octobre) agit comme un catalyseur pour ouvrir la parole sur des sujets souvent tabous en entreprise : stress chronique, charge mentale, burnout, isolement, dépression, harcèlement…
Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
- Près de 1 salarié sur 2 se déclare en situation de détresse psychologique (source : baromètres Qualisocial, 2024).
- L’absentéisme lié à des troubles psychosociaux représente en moyenne 23 jours par an et par salarié concerné.
- La santé mentale est devenue l’un des premiers sujets de préoccupation des RH et des directions.
Pour les élus du CSE, cela signifie qu’il y a une réelle attente, une opportunité de faire bouger les lignes, mais aussi une responsabilité à ne pas sous-estimer.
Le cadre légal et votre légitimité d’agir
Le CSE, via ses attributions en matière de santé, sécurité et conditions de travail, est pleinement compétent pour intervenir sur la question de la santé mentale.
Quelques points-clés :
- Article L. 2312-5 du Code du travail : le CSE doit être consulté sur tout projet important modifiant les conditions de travail.
- Article L. 2312-9 : les élus peuvent proposer des actions de prévention.
- DUERP (Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels) : il doit inclure les risques psychosociaux. Le CSE doit y être associé.
Autrement dit, vous n’avez pas seulement le droit de parler de santé mentale : vous avez le devoir d’agir. Votre position est légitime, votre voix compte, et votre action peut être structurante.
Comment préparer octobre concrètement ?
Voici un plan d’action en 5 étapes pour aborder octobre de façon proactive :
✅ 1. Faites le point avec votre commission SSCT (ou en réunion plénière
Rassemblez vos observations, les remontées du terrain, les éventuels signalements. Faites un bilan des actions passées. Que disent les indicateurs ? Y a-t-il des services sous tension ? Des tendances à surveiller ? Un brainstorming CSE sur la qualité de vie au travail et sur la CSSCT permet d’identifier, prioriser, planifier et organiser vos actions.
✅ 2. Renseignez vous sur les formations adaptées et de qualité
Des formations généralistes ou plus ciblées sont à votre disposition, ainsi par exemple sur la prévention et la gestion des risques psychosociaux, l’accompagnement du salarié en souffrance, comprendre et agir lors de la charge mentale au travail, les premiers secours en santé mentale, prévenir le burn-out, accompagner les équipes dans le changement, lors de stress professionnel ou de comportements inappropriés etc…
✅ 3. Interrogez les salariés
Un questionnaire anonymisé ou un temps d’écoute en toute discrétion peut vous aider à mieux cerner les besoins. Même quelques questions simples peuvent dégager des axes de travail précieux.
✅ 4. Sensibilisez la direction
Proposez d’inscrire la thématique à l’ordre du jour de la réunion CSE d’octobre. N’hésitez pas à partager des données factuelles, à rappeler les obligations légales et à suggérer des actions communes. Le dialogue est une force.
✅ 5. Organisez une action visible et communiquez largement.
Conférence, atelier gestion du stress, stand d’information, moment convivial autour de la parole… Une action visible permet de créer un élan, d’ouvrir les discussions et de faire passer des messages importants.
Utilisez vos canaux habituels : affichage, intranet, newsletter, réseaux sociaux internes. Votre objectif ? Montrer que la santé mentale est un enjeu collectif, que personne n’est seul, et que le CSE est présent.
Des idées d’actions simples et impactantes
Voici quelques actions qui ont fait leurs preuves dans des entreprises accompagnées par Composya :
- Pause bien-être : 30 minutes pour respirer, se recentrer, animées par un intervenant extérieur.
- Sondage flash : 3 questions anonymes sur le ressenti au travail. Rapide, mais très révélateur.
- Témoignages de pairs : des salariés qui partagent leur parcours, en toute authenticité.
- Café débat : un sujet, un temps de parole libre, un animateur neutre.
- Boîte à idées sur la QVT : en ligne ou physique.
L’essentiel n’est pas de faire « grand » mais de faire juste : utile, sincère, adapté à votre entreprise.
Et après octobre ? Ancrer la prévention dans la durée
La santé mentale ne se joue pas sur un mois. Octobre est un tremplin, mais il ne suffit pas.
Quelques bonnes pratiques pour inscrire vos actions dans le temps :
- Suivre les retours des salariés suite aux actions d’octobre.
- Mettre à jour le DUERP en intégrant les risques psychosociaux observés.
- Proposer une feuille de route SSCT avec des actions réparties sur l’année.
- Former les élus à la détection des signaux faibles et des mesures de prévention et de gestion des risques psychosociaux.
- Collaborer avec des acteurs externes : médecine du travail, psychologues, coachs QVT, etc.
La continuité de l’engagement est un gage de crédibilité.
Ce que les salariés attendent de vous
Ils attendent d’être écoutés, compris, respectés. Ils attendent aussi de la clarté, du courage et de l’action.
Votre rôle est précieux :
- Vous êtes parfois leur seul relais.
- Vous pouvez alerter, proposer, accompagner.
- Vous êtes un lien entre terrain et direction.
Et surtout, vous incarnez une posture : celle d’une vigilance humaine, engagée, constructive.
Composya est à vos côtés
Chez Composya, nous accompagnons les élus de CSE avec des valeurs fortes : soutien, réactivité, efficacité, engagement. Sur la santé mentale comme sur tous les sujets CSE, nous croyons que l’humain doit être au cœur des pratiques.
Nous proposons :
- Des formations ciblées (RPS, posture de l’élu, dialogue social).
- Des ateliers sur-mesure (octobre ou toute l’année).
- Des accompagnements dans vos projets SSCT.
En conclusion : prêts pour octobre ?
Octobre n’est pas un simple passage obligé. C’est une chance de faire entendre la voix des salariés, de mettre des mots sur les maux, et de construire une entreprise plus humaine.
Chères élues, chers élus, vous n’êtes pas seuls. Ensemble, faisons de la santé mentale un levier d’équilibre, de prévention et de lien.











